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CARNETS DE VOYAGE EN CROATIE (2) Imprimer Email
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Mercredi, 03 Juin 2009 00:00

2 – Korčula, l'île des convoitises.


Stanka, directrice de l'Office de Tourisme de Korčula ne laisse à personne le soin de raconter son île. Ce drôle de personnage qui élève la voix et manifeste une certaine autorité pour ne pas dire plus, est un puits de culture, une amoureuse de son île et de l'Europe.

A côté du sien, le français de Vesna et Antonia, les autres guides, a l'air approximatif. Presque pas d'accent, une connaissance pointue de la culture européenne, elle ne cache pas sa déception devant le fait que la Croatie n'est pas encore européenne, alors que, dit-elle, elle en est le berceau. Pas faux...
Les Croates nous amusent à citer des noms d'artistes qui nous sont parfaitement inconnus en prétendant qu'ils valent bien (au minimum) des géants comme Rodin, Mozart, Molière... Tous les plus grands de nos peintres, sculpteurs, écrivains. En fait, on a tort de se moquer. C'est le rideau de fer et la prononciation slave de leurs noms qui nous les a rendus hermétiques, ils sont les auteurs de très nombreux chefs d'œuvre que l'on découvre là-bas, émerveillé, les uns après les autres.

Svanka, qui a très peu quitté son île est aussi une amoureuse de la France et parmi ses illustres personnages, elle admire Napoléon ! Lequel a "possédé" Korčula en 1806 et il n'est pas le seul. Cette île qui est une des plus belles de l'Adriatique a appartenu aux Grecs au IVème siècle avant J.C, puis aux Romains, aux Slaves dès le VIIème siècle et au royaume Croate jusqu'au 10ème siècle. Ensuite, c'est Venise, qui ne rencontrait rien sur sa route avant d'atteindre la côte Dalmate, qui s'y est installée en l'an 1000, l'a perdue et est revenue du XVème siècle à la fin du XVIIIème. Il y a eu ensuite les Autrichiens, les Français, les Anglais, à nouveau les Autrichiens, les Italiens et enfin la Yougoslavie. Les habitants de l'île savent ce que se faire envahir veut dire.

Korčula n'a jamais été turque, pourtant, les Ottomans ont essayé, profitant du 15 août où la mer est clémente de s'approcher des côtes en douce, il y a 5 siècles. Mais un orage s'est levé, la tempête a balayé les bateaux. Depuis Korčula, le très pieuse, remercie chaque année Marie, mère de Dieu. Stanka nous conduit à la porte de la terre qui porte les armes de la Sérénissime, par un escalier monumental que l'on appelle le pont-levis. Il est construit à la place de celui qui se relevait pour protéger la ville. La ville fortifiée est toute petite et les rues étroites sont construites en "arête de poisson". Au nombre de 24 (contre 14 à Dubrovnik), tout droit vers la mer d'un côté et en courbe de l'autre côté. Pour mieux se protéger des vents.

Dans ce bijou d'île où toutes les influences subsistent, il ne faut à aucun prix manquer le trésor de la cathédrale Saint Marc (Sveti Marc). Il est conservé au Palais Episcopal et on approche les oeuvres de très, très près. Des peintures de la Renaissance italienne qui n'ont même pas été restaurées. On pourrait, sauf leur respect toucher du doigt les oeuvres du Titien ou du Tintoret. Dans la dernière salle, ce sont de fabuleux ornements sacerdotaux qui sortent plusieurs fois l'an pour des processions. Le jour où nous y étions, Saint Marc, gardée et entretenue par de silencieuses religieuses, avait revêtu ses habits de fête pour une célébration. Tentures rouges autour de l'autel qui vaut lui aussi pour le tableau du Tintoret qui orne le choeur.

Un peu plus loin, il y a la maison de Marco Polo, le plus célèbre des explorateurs. Personne n'est tout à fait sûr qu'il soit bien né là et Svanka elle-même ne cherche pas à s'en vanter. Tout juste sait-elle que les Polo, sont d'ici et qu'il y a encore sur l'île des familles qui porte le nom. Si ce n'est lui, c'est donc son frère. Au minimum...

Même si l'île est petite et bien préservée, on sera très bien installé à l'hôtel Marko Polo, un 4 étoiles fort amical et bien équipé d'un Spa et d'une piscine. C'est là que Marsans, spécialiste de la Croatie installe ses clients. On accède à Korčula par des liaisons maritimes régulières. En 30 minutes depuis Dubrovnik et 1h40 depuis Split. Les touristes y sont de plus en plus nombreux. Dieu nous garde Korcula. Enfin, pour l'instant Stanka veille !




 
 

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ILLUSTRE TOURISTE




Stendhal fait partie intégrante du patrimoine de sa ville de Grenoble dont il est le plus illustre des enfants. C'était un voyageur impénitent, qui a parcouru l'Allemagne et l'Italie, est étudié dans les universités du monde entier. La compagnie des 7 Familles est partie sur les traces du héros des "Mémoires d'un Touriste", ce marchand de fer qui parcourt la France et tient le journal de ses tournées. Le Dauphiné inspire toujours énormément Stendhal et sert de toile de fond aux expériences du voyageur. Qui ne se contente pas d'admirer les paysages, mais conte, au travers de ses pérégrinations, la société du XIXème siècle. Le comédien Michel Ferber et la musicienne Mirella Giardelli suivent ses traces avec des lectures-concerts le long d'un périple baptisé «Quelques mémoires d’un touriste » qui s'égare dans une dizaine de lieux du Dauphiné jusqu'au 22 octobre 2010. A Grenoble bien sûr dans cette ville dont Stendhal disait "au bout de chaque rue, une montagne..." au musée de l'Ancien Evêché, mais aussi au musée d'Art Sacré Contemporain de Saint-Hugues en Chartreuse. Au musée Hébert à la Tronche, maison d'été du peintre avec ses beaux jardins; au Moulins de Villancourt à Pont-de-Claix qui témoigne de la civilisation industrielle et au château de Virieu dans les Terres Froides du Dauphiné. Au Fort Barraux, une des plus prestigieuses place défensive des Alpes bâtie par Vauban et au musée du Trièves à Mens qui raconte ce territoire un rien austère. Et au château de Sassenage enfin, qui a conservé son décor et son mobilier qui date de l'ancien régime. A titre tout à fait personnel, les amoureux de Stendhal ne manqueront pas une visite à la bibliothèque municipale fondée en 1774 avec la participation du docteur Gagnon. Elle possède un fond stendhalien unique au monde...
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