
Depuis plus de 20 ans, le théâtre est à l'honneur dans la cour du même nom au château de Grignan dans la Drôme. Après "Tartuffe" de Molière qui a triomphé l'an passé, c'est "Le Roi s'amuse" de Victor Hugo qui fait les belles nuits d'été au cours des Fêtes Nocturnesqui se déroulent du 30 juin au 21 août du château de la fille de Madame de Sévigné. Dès 19h30, les portes du château sont ouvertes et le public, composé de touristes, d'habitants du pays et d'amateurs de théâtre se presse pour boire un verre, se restaurer sur le pouce et profiter surtout du coucher de soleil avant de s'installer aux 780 places, désormais numérotées, des gradins installés pour la circonstance. "Le Roi s'amuse", c'est le regard d'un jeune auteur de 30 ans qui sait déjà mêler le rire et le tragique dans de puissantes envolées d'alexandrins. Sous les vers transparaît l'homme politique qui ne lâcha jamais l'affaire et le père universel, grand thème hugolien s'il en est. L'histoire se passe en 1520 sous la règne de François 1er dans toute sa gloire (Marignan, c'était 5 ans avant...) Le roi conquérant est jeune, en bonne santé et veut "chasser". Il n'attend pas que l'on mette des jouvencelles dans son lit et se déguise en étudiant pour aller les conquérir dans la foule. Pendant qu'il fait ça, songe son entourage, il s'intéresse moins à la chose publique, ce qui arrange tout le monde. Et l'aider à se distraire, c'est le travail de Triboulet, son bouffon. Sinon que François 1er va séduire la propre fille de celui-ci et la violer. Colère du père qui précipite le monarque dans un guet-apens pour se venger. Mais c'est Blanche (la bien nommée), rattrapée parce que l'on appellerait aujourd'hui le syndrome de Stockholm, qui prend la place de son violeur d'amant et se fait tuer à sa place. C'est pathétique, grandiose, "énaurme", un fois de plus hugolien et ça promet! Ajoutez ce flux RSS à votre lecteur préféré
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