
Tous les 5 ans, Eric Oboeuf a fait comme les autres directeurs du groupe Accor, il a manifesté son souhait de quitter son poste, Sofitel Lyon Bellecour en l'occurrence pour aller voir ailleurs s'il y était. La réponse du président Gérard Pélisson était formelle, c'était non. Il faut dire que la famille Pélisson est originaire de Lyon (Accor a même été sponsor de l'Olympique Lyonnais avant que la rigueur des temps ne l'oblige à réduire la voilure...) et qu'il était essentiel que Sofitel Lyon soit entre les mains d'une personne de confiance. Au fil des 21 ans donc, pendant lesquels Eric a présidé aux destinées de ce bateau amiral de la marque, il a organisé, à la suite de son prédécesseur Lucien Chapat, les soirées "crêpes" de Sofitel à la Chandeleur avec 150 invités au départ et plus de 600 cette année. D'Eric Oboeuf, on dit que c'est lui qui a amené son hôtel à la certification 5 étoiles. Ce modeste exigeant rectifie. Il n'est pas difficile d'obtenir ce genre de promotion si on y met les moyens et Accor a signé le budget pour toute la rénovation et la mise aux normes d'excellence. Il dit s'être juste contenté d'orienter les travaux. En revanche, son titre de gloire, c'est l'étoile Michelin que Bernard Naegelen, le directeur d'alors refusait d'attribuer à des hôtels "de chaîne" soient-ils très haut de gamme. Le conseil d'Alain Senderens auprès du chef Alain Deville a fait changer d'avis le Guide Rouge. Mais une seconde étoile n'aurait pas été imméritée. Parmi les grands souvenirs d'Eric Oboeuf il y a le G7 à Lyon avec Bill Clinton et toute la délégation américaine qui comptait tout de même 800 personnes. Il se souvient n'avoir pas pu dormir pendant 72 heures et ne regrette rien. Et il y a les petits détails de tous les jours. Les Lyonnais, grands clients du Sofishop, la brasserie à l'américaine du Sofitel qu'il a fallu habituer à son nouveau nom "Le Silk". Mais tous sont restés fidèles et certains ont même demandé à racheter les boules de la décoration parce que c'était sous l'une d'entre elles qu'ils avaient demandé leur femme en mariage, appris qu'ils allaient être papa et autres belles choses de la vie. Il y a aussi ce genre de minuscules détails comme cette mise au point avec un taxi qui l'avait "baladé" dans Lyon, histoire de corser le prix de la course et auquel il a dit en arrivant devant l'hôtel que son numéro de taxi était désormais blacklisté à la réception. Dure journée pour le chauffeur indélicat... Les 20 ans d'Eric Oboeuf sont ainsi faits de vigilance et d'enthousiasme de tous les instants. Son successeur Silvio Iacovino qui vient de Sofitel Luxembourg, sait comment faire... Ajoutez ce flux RSS à votre lecteur préféré
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