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Depuis cet été, le Musée des Tissus de Lyon est entre les mains savantes de Maximilien Durand qui ne ménage ni sa peine, ni son enthousiasme avec une exposition étonnante, parfaitement baptisée "Icône de mode" qui dure jusqu'au 25 mars 2012. S'il est une période, à Lyon, où il faut visiter cette exposition unique, c'est bien le mois de décembre, consacré, même si la Fête des Lumières (du 8 au 11 décembre) est désormais plus portée sur l'artistique que sur le religieux, au culte de la Vierge de Fourvière et à la gratitude des Lyonnais qu'elle aurait sauvés de la peste. On y voit les costumes tout exprès créés pour des statues de la Sainte Vierge dans les églises. Dès le 12ème siècle, les statues ont été modifiées pour pouvoir être habillées, sinon qu'il ne s'agissait que de robes devantures. Exposées dans des niches, les statues ne nécessitaient pas d'envers du décor.
Inscrits aux inventaires dès le 13ème siècle, ces garde-robes ont connu des fortunes diverses. Coiffées, fardées, parfumées puis confrontées au Concile de Trente, les parures sont encouragées, mais priées d'avoir une signification religieuse. Elles changent alors de couleur suivant la liturgie, deviennent le symbole d'un savoir-faire exceptionnel d'ouvriers textiles. On fait appel aux chasubliers lyonnais, elles sont parées de dentelles de Bruxelles, portent des châles en cachemire de Reims. Dans les couvents, et c'est un des aspects les plus émouvants de l'exposition, les moniales, qui se réservent à elles-mêmes des costumes austères, prennent leur revanche dans leur féminité en habillant des poupées qui représentent Marie somptueusement vêtue. A la révolution, nombre de ces costumes inestimables ont été détruits. Patiemment ces vestiaires somptueux ont été reconstitués.
C'est le cas pour la Vierge Noire, réputée miraculeuse de Notre Dame la Daurade à Toulouse, dont on pourra admirer vingt deux robes d'un vestiaire qui en compte trente. Et aussi les robes imaginées par des créateurs qui trônent sur un podium, catwalk sacré auquel de grands noms de la couture comme Jean-Charles de Castelbajac, Frank Sorbier, Jean Michel Broc, ont mis la main. Les animations autour de l'exposition sont extrêmement fournies. Eveil muséal, éveil aux contes, chasse aux trésors et même une visite guidée sur demande le 14 février pour les amoureux. Dans le même temps, et pour rappeler que le musée est aussi celui des Arts Décoratifs "Tisse toujours, ton étoffe est mon drapeau" jusqu'au 22 janvier, célèbre la révolte des Canuts et appréhende la production des tisseurs lyonnais entre 1825 et 1845. En insistant sur le fait que, dans un climat économique et social très tendu, la période a été propice aux innovations techniques. Des leçons à tirer? Ajoutez ce fil d'infos à votre lecteur RSS préféré!
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